Reims va bientôt retrouver son tramway

Quelque 70 ans après sa disparition, le tramway va faire son retour dans la cité des Sacres. Les travaux ont commencé en Mai 2008 pour la construction de la première ligne, autour de laquelle l'ensemble du réseau de bus, actuellement saturé, sera réorganisé.

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      Reims, sous-préfecture de la Marne, est l'agglomération la plus importante (220 000 habitants) de la région Champagne-Ardenne. Afin de faire face à l'accroissement de la fréquentation du réseau bus, la municipalité s'est engagée dans la construction d'une ligne de tramway. Ce moyen de transport n'est pas nouveau, puisqu'il fut déjà utilisé de 1881 à 1939 (De 1881 à 1900 la traction s'effectuait par des chevaux), date à laquelle les bus ont pris le relais. Depuis 1952, le réseau de transport est géré par les TUR (Transports Urbains de Reims), filiale de Keolis depuis 1900, elle-même filiale de la SNCF. Ce réseau est assez vaste : 24 lignes, dont 17 lignes principales, deux citadines, cinq pendulaires (non permanentes), ainsi que cing lignes de nuit.

La construction d'un tramway répond à la forte influence des deux principales lignes du réseau actuel. En effet, le tracé retenu reprend en partie les lignes de bus A et D, très chargées. La D, en particulier, est saturée, malgré son cadencement à 5 min, la mise en place de bus articulés et des aménagements en site propre. Les dessertes du quartier Croix-Rouge (20 000 habitants), d'un campus de l'université et de l'école de commerce expliquent en partie l'affluence de passagers. De plus, la ligne s'insère dans des projets d'envergure pour l'agglomération : rénovation du quartier Croix-Rouge, meilleure desserte du centre-ville et de sites particuliers (comédie de Reims, stade, parc Léo-La-grange..), de plusieurs gares SNCF (Reims-Centre, Champagne-Ardenne-TGV à Bezannes, prochaine halte TER dans le quartier Franchet-d'Esperey). Le tramway, qui traversera la ville du Nord au Sud, est donc un projet fort de la municipalité.

La ligne, longue de 11,2 km, comptera 22 stations et aura une fréquence de 4 à 6 min en heure de pointe. Elle sera en fait constituée de deux lignes :

-> la A, la plus importante, aura un trajet NeufChâtel – Gare SNCF – Campus – Hôpitaux, avec 133 passages par jour ;

-> la B, Gare SNCF – Campus (même tronçon que la A) – Gare Champagne Ardenne TGV, aura 38 passages par jour. L'exploitation prévoit 19 km/h de moyenne, de 5h à 1h du matin.

En centre-ville, sur 2 km, entre les stations Boulingrin et Comédie, il est prévu une alimentation par le sol, comme à Bordeaux.

En ce qui concerne le matériel, c'est Alstom qui a été retenu pour la construction des rames Citadis 302, composées de 5 caisses (32,4m, 205 places). La population rémoise a été invitée à choisir parmi trois faces avant. La forme retenue est évasée vers le haut, faisant penser à une flûte de champagne... Tout un symbole !

L'alimentation se fera par le sol en centre-ville

La commande porte sur cinq livrées différentes aux couleurs pastel, qui seront déclinées à l'intérieur des rames. La nouveauté est l'éclairage intérieur, qui devrait être moderne : plus de lumière naturelle (augmentation des surfaces vitrées) et des éclairages artificiels repensés. D'ailleurs, Alstom a conçu des procédés de lumière séquentielle, permettant l'allumage de lumière ou le changement de couleur à l'arrivée en station ou à l'arrêt du tramway.

Le projet qui a été retenu pour le tramway est le projet Mars (Mobilité agglomération rémoise), qui regroupe notamment la Caisse des dépôts, la Caisse d'épargne, Alstom, Bouygues, Transdev... Ce groupement deviendra la société concessionnaire de l'ensemble du réseau, sous la forme MAR SAS (société par action simplifiée), l'exploitation étant sous-traitée à Transdev. A ce titre, depuis janvier 2008, Mars a pris le contrôle des bus, dans le cadre d'une délégation de service public, en remplacement des TUR.

Le réseau de bus traditionnel, quant à lui, s'appuiera sur la nouvelle ligne tramway, qui sera la colonne vertébrale de l'ensemble du réseau. Les lignes de bus se verront totalement réorganisées, avec la création de 2 lignes fortes (ligne 1, totalement nouvelle, et ligne 2, ex-ligne G), sept lignes structurantes (se croisant dans le centre), quatre lignes de rocade (de quartier à quartier, sans desservir le centre), quatre lignes de desserte non permanentes et deux ligne citadines (centre-ville) déjà existantes.

D'ores et déjà, des prolongements du réseau tramway sont envisagés : vers Tinqueux à l'ouest, vers l'est, puis le sud-est (avec branche pour la faculté des sciences et le quartier Châtillons). La pose de quelques mètres de voie supplémentaire avec aiguilles à partir des voies principales devrait permettre des extensions sans interrompre les circulations.

Notons que les réticences à la création du tramway ont été assez fortes, une partie de la population ayant montré ses réserves face à cette nouvelle infrastructure. Il faut rappeler que l'agglomération rémoise, avec ses 220 000 habitants, est une ville de petite taille (90 km² seulement). Les déplacements en bus sont donc efficaces, le réseau actuel fonctionnant plutôt bien. Les gains de temps apportés par le tramway étant minimes, de nombreux habitants sont opposés à sa construction, jugée inutile et coûteuse. Pour le moment, l'équipe municipale a franchi les obstacles.

Prochaine étape, si tout va bien, après la reprise du réseau bus par Mars le 1er janvier 2008, dès la mi-2008, les travaux devraient commencer pour une mise en service fin 2010-début 2011. 45 000 voyageurs par jour sont attendus...

-> Source : Rail Passion N° 122 Décembre 2007.

Le chantier en phase active

Le chantier du tramay de Reims entre dans sa phase active. Démarré en mai 2008 pour les travaux préparatoires, les choses sérieuses commencent en ce début d'année. Le réseau, qui prévoit deux lignes en tronc commun sur sa partie centrale, reliera le quartier Neufchâtel, au nord, à la gare Champagne-TGV et à l'hopital au sud, en passant par le centre-ville. Soit 23 stations desservies par 32 rames Citadis à un intervalle de 6 min environ. La vitesse commerciale envisagée est de 30 km/h pour un trafic de 45 000 voyageurs pa jour. D'importants aménagements sont prévus parmi lesquels un tunnel routier à hauteur de la gare, dont les travaux ont commencé en janvier. Cité historique oblige, le centre-ville sera équipé de l'APS (alimentation par le sol), évitant de déployer la caténaire au coeur de la capitale champenoise. Le système sera utilisé entre la place de la République et la Comédie. Autre particularité du nouveau tramway, le principe de la concession. C'est Mars, entendez Mobilité de l'agglomération rémoise, un groupement privé dans lequel se retrouvent notamment Transdev, Alstom ou encore Bouygues, qui est en charge de la construction et de l'exploitation pour 30 ans. D'après le calendrier prévisionnel, après le chantier du souterrain de la gare, les travaux de la plateforme devraient s'accélérer et les premiers rails sont attendus pour le printemps 2009. En juillet 2010, la fin de la pose des voies coïncidera avc la livraison de la première rame Citadis au design << flûte de champagne >>. En février 2011, la dernière rame sera livrée en même temps que sera ouvert le souterrain de la gare. Et, le 18 avril 2011, pour être précis, les 11 km du nouveau tramway seront à la disposition du public. Moins de trois ans à peine après le démarrage du chantier.

-> Source : Rail Passion N° 137 Mars 2009

 

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